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Créer une maison de santé pluriprofessionnelle : le guide complet pour lancer votre MSP

Créer une maison de santé pluriprofessionnelle, souvent appelée MSP, séduit de plus en plus de professionnels libéraux de santé. Médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, sages-femmes, orthophonistes ou pharmaciens y voient une réponse concrète aux nouveaux besoins des patients, mais aussi une manière plus collaborative d’exercer leur métier.

Une MSP permet de regrouper plusieurs professionnels autour d’un projet de santé commun. Elle favorise l’accès aux soins, la continuité du suivi médical et la coordination entre praticiens. Mais derrière ce projet humain et médical se cache aussi un véritable projet entrepreneurial. Statut juridique, business plan, financement, gestion des charges, choix du local, contractualisation avec l’Assurance Maladie : chaque étape doit être anticipée.

Pour un professionnel de santé libéral, créer une maison de santé pluriprofessionnelle ne se résume donc pas à partager des locaux. C’est construire une structure durable, cohérente et économiquement viable.

Qu’est-ce qu’une maison de santé pluriprofessionnelle ?
Une structure de soins coordonnés encadrée par le Code de la santé publique

Une maison de santé est une personne morale constituée entre des professionnels médicaux, des auxiliaires médicaux ou des pharmaciens. Elle repose sur un projet de santé commun et assure principalement des activités de soins sans hébergement. Elle peut également participer à des actions de prévention, d’éducation pour la santé ou de santé publique. Cette définition est prévue par l’article L6323-3 du Code de la santé publique.

Concrètement, une MSP permet à plusieurs professionnels de santé libéraux d’exercer de façon coordonnée, tout en conservant leur indépendance professionnelle. Elle se distingue donc d’un simple cabinet de groupe, qui repose souvent sur une mutualisation de moyens, mais sans nécessairement formaliser un projet de santé commun.

Une réponse aux besoins de soins de proximité

La maison de santé pluriprofessionnelle répond à un enjeu majeur : améliorer l’accès aux soins sur un territoire. Elle permet aux patients de bénéficier d’un parcours plus lisible, d’un meilleur suivi et d’une prise en charge plus globale.

Pour les professionnels, elle facilite les échanges, les protocoles communs, la coordination autour des patients complexes et la mutualisation de certains frais. L’Assurance Maladie présente d’ailleurs les MSP comme des structures adaptées aux nouveaux enjeux de santé et à l’organisation des soins de proximité.

Pourquoi créer une maison de santé pluriprofessionnelle ?
Un mode d’exercice plus attractif pour les professionnels de santé

Créer une MSP permet de rompre avec l’isolement que peuvent ressentir certains professionnels libéraux. Le travail en équipe facilite le partage d’expérience, la coordination des prises en charge et l’organisation du temps de travail.

La maison de santé peut aussi améliorer l’attractivité d’un territoire, notamment dans les zones où l’accès aux soins est fragile. Pour un jeune médecin ou un professionnel paramédical, rejoindre une structure déjà organisée, dotée d’outils communs et d’un projet collectif, peut être plus rassurant qu’une installation isolée.

Qui peut créer une MSP ?
Les professionnels autorisés à porter le projet

Une maison de santé pluriprofessionnelle peut être créée par des professionnels médicaux, des auxiliaires médicaux ou des pharmaciens. En pratique, cela peut concerner des médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues, pharmaciens ou encore certains professionnels de l’appareillage.

Pour être reconnue comme MSP, l’équipe doit généralement réunir au minimum deux médecins généralistes et un professionnel paramédical. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes rappelle que les professionnels peuvent exercer dans un même local ou sur plusieurs sites, à condition d’intervenir sur une même zone géographique et autour d’un projet de santé validé.

Les partenaires non associés

Certains professionnels, comme les psychologues, ostéopathes ou diététiciens, peuvent intervenir dans l’écosystème de la maison de santé, sans forcément être associés de la structure juridique. Cette distinction est importante, notamment lorsque la MSP est constituée sous forme de SISA.

Étape 1 : réaliser un diagnostic territorial
Comprendre les besoins du territoire avant de créer la MSP

Le diagnostic territorial est la première étape structurante. Il permet d’analyser l’offre de soins existante, la démographie médicale, les besoins de la population, les pathologies fréquentes et les éventuelles tensions d’accès aux soins. Ce diagnostic doit permettre de répondre à une question simple : pourquoi créer une maison de santé pluriprofessionnelle ici, et pas ailleurs ? L’ARS recommande notamment d’analyser les données locales via l’INSEE, la DREES, l’ARS ou l’Assurance Maladie.

Un diagnostic utile aussi pour le business plan

Le diagnostic territorial n’est pas seulement un document administratif. Il sert aussi à construire le modèle économique de la MSP. Le nombre de professionnels attendus, la taille du local, les investissements nécessaires, le niveau de charges et les financements possibles dépendent directement du territoire choisi.

Chez Serelyon, nous recommandons de croiser très tôt l’analyse médicale avec une analyse financière. Un projet peut être pertinent sur le plan sanitaire, mais fragile économiquement si les charges, les loyers ou les investissements sont mal évalués. Contactez nos experts !

Étape 2 : constituer l’équipe fondatrice
Réunir des professionnels autour d’une vision commune

Une MSP repose sur une dynamique collective. Avant même de choisir le statut juridique ou le local, il est essentiel de vérifier que les professionnels partagent une vision commune de l’exercice coordonné. La réussite du projet dépend autant des compétences médicales que de la capacité des associés à décider ensemble. Il faut donc clarifier les attentes de chacun : temps de présence, implication dans la gouvernance, participation aux réunions, gestion du secrétariat, investissement financier et rôle dans le projet de santé.

Anticiper la gouvernance dès le départ

Beaucoup de tensions apparaissent lorsque la gouvernance n’a pas été suffisamment cadrée. Qui prend les décisions ? Comment les charges sont-elles réparties ? Qui pilote les relations avec l’ARS, la CPAM ou la banque ? Qui suit les indicateurs ACI ? Ces questions doivent être posées dès la phase de création. Une maison de santé est un projet de soins, mais aussi une organisation collective qui nécessite des règles claires.

Étape 3 : rédiger le projet de santé
Le projet de santé, document central de la MSP

Le projet de santé est le socle de la maison de santé pluriprofessionnelle. Il formalise les objectifs de la structure, les priorités de santé, l’organisation de la prise en charge des patients, les modalités de coordination et les actions envisagées. Ce document doit être transmis à l’Agence régionale de santé. Il doit être cohérent avec les besoins du territoire et les orientations régionales de santé. L’ARS précise qu’une MSP prend en charge le patient de façon globale, de la prévention jusqu’à l’orientation dans le système de soins.

Ce que doit contenir un bon projet de santé

Un projet de santé efficace doit expliquer clairement comment les professionnels vont travailler ensemble. Il peut aborder l’accès aux soins non programmés, la continuité des soins, les protocoles pluriprofessionnels, le suivi des patients chroniques, la prévention ou encore l’accueil de stagiaires. Il doit aussi préciser l’organisation interne : réunions de coordination, système d’information partagé, rôle du coordinateur, modalités de communication entre professionnels et suivi des indicateurs.

Étape 4 : choisir le bon statut juridique
La SISA, statut de référence pour créer une MSP

La société interprofessionnelle de soins ambulatoires, ou SISA, est le statut le plus utilisé pour les maisons de santé pluriprofessionnelles. Ce statut permet à la structure de percevoir des rémunérations de l’Assurance Maladie au nom de la MSP, dans le respect des règles fiscales et comptables.  La SISA permet également d’organiser la gestion commune de certains moyens, tout en préservant l’exercice libéral de chaque professionnel. Chaque praticien conserve donc son activité propre, sa patientèle et ses honoraires, mais participe à une structure commune pour porter le projet de santé.

Pourquoi le choix juridique est stratégique

Le choix du statut ne doit pas être traité comme une simple formalité. Il influence la gouvernance, la répartition des charges, la perception des financements, la responsabilité des associés et la gestion comptable. D’autres formes peuvent exister, comme la SCM ou l’association, mais elles ne répondent pas toujours aux mêmes objectifs.

Étape 5 : construire le business plan de la maison de santé
Évaluer précisément les investissements de départ

Créer une maison de santé nécessite souvent des investissements importants. Le local, les travaux, le mobilier, le matériel médical, les logiciels, la signalétique, les équipements informatiques et les frais juridiques doivent être intégrés dès le départ. Le budget dépend fortement de la taille du projet, du nombre de professionnels, du mode d’occupation du local et du niveau d’aménagement nécessaire. Une MSP qui regroupe cinq professionnels dans un local existant n’aura pas le même besoin de financement qu’un projet immobilier complet porté par une collectivité ou une équipe de santé plus large.

Prévoir les charges récurrentes

Le business plan doit aussi intégrer les charges mensuelles : loyer, emprunt, énergie, assurance, secrétariat, entretien, logiciels, comptabilité, coordination, téléphonie et consommables. Cette étape est essentielle pour éviter les mauvaises surprises. Une répartition imprécise des charges peut rapidement créer des tensions entre associés. Le prévisionnel financier doit donc indiquer comment les frais seront partagés : au prorata de la surface occupée, du temps de présence, du chiffre d’affaires ou selon une clé spécifique définie entre les professionnels.

Étape 6 : rechercher les financements disponibles
Les aides publiques possibles

Les MSP peuvent bénéficier de soutiens publics, selon les territoires et les priorités locales. Les aides peuvent provenir de l’ARS, des collectivités territoriales, des régions, des départements, des communes ou parfois de dispositifs européens.
Ces aides peuvent concerner l’ingénierie de projet, les travaux, l’équipement, l’accompagnement méthodologique ou le démarrage de la coordination. Les modalités varient fortement selon les régions.

Le financement bancaire et l’apport des associés

Les aides publiques ne suffisent pas toujours à financer l’ensemble du projet. Un prêt bancaire peut être nécessaire, en particulier lorsque les professionnels portent eux-mêmes l’investissement immobilier ou les travaux. Dans ce contexte, le business plan devient un document décisif. Il permet de rassurer les partenaires financiers sur la cohérence du projet, la stabilité de l’équipe, la capacité de remboursement et l’équilibre économique de la MSP.

Étape 7 : comprendre l’ACI, un levier financier important
Une rémunération spécifique pour l’exercice coordonné

L’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) donne aux maisons de santé pluriprofessionnelles un levier financier concret pour structurer leur activité. Ce dispositif soutient l’exercice coordonné, améliore l’accès aux soins, encourage le travail en équipe et favorise l’utilisation d’un système d’information partagé. Pour accompagner les nouvelles MSP dans leur lancement, l’Assurance Maladie prévoit, sous certaines conditions, une avance de 12 000 € pour une année complète, ainsi qu’un montant annuel minimum garanti de 20 000 € pendant la phase de démarrage.

Un dispositif à intégrer dans le prévisionnel

L’ACI ne doit pas être considérée comme un bonus approximatif. Elle doit être intégrée sérieusement dans le modèle économique, avec prudence et méthode. Son montant dépend d’indicateurs liés à l’accès aux soins, à la coordination, aux protocoles pluriprofessionnels ou au système d’information. La MSP doit donc organiser son fonctionnement pour suivre ces indicateurs et sécuriser cette rémunération.

Étape 8 : choisir et aménager le local
Un local adapté au projet médical

Le choix du local joue un rôle central dans la réussite de votre maison de santé pluriprofessionnelle. L’espace doit soutenir concrètement votre projet de santé et répondre aux besoins quotidiens des professionnels qui y exercent. Cabinets de consultation, salle d’attente, espace d’accueil, sanitaires, zones de circulation fluides : chaque mètre carré doit servir l’organisation des soins. Selon votre fonctionnement, vous pourrez également prévoir une salle de réunion, un bureau de coordination ou un espace dédié aux échanges entre praticiens. L’emplacement mérite la même attention. Un local bien situé facilite l’accès des patients, améliore la visibilité de la structure et simplifie le quotidien des professionnels. Stationnement, accessibilité PMR, proximité avec la patientèle, connexions avec les pharmacies, laboratoires, hôpitaux ou autres acteurs de santé du territoire : ces critères influencent directement l’attractivité et la viabilité de votre MSP.

H2 : Étape 9 : accomplir les démarches administratives
Créer officiellement la structure

Une fois le projet consolidé, il faut rédiger les statuts, constituer le capital, immatriculer la société et organiser les relations entre associés. Pour une SISA, les statuts doivent être rédigés avec une attention particulière, car ils encadrent le fonctionnement collectif. Il est également nécessaire de souscrire les assurances adaptées, de formaliser les conventions internes, de mettre en place les outils comptables et de préparer la relation avec l’ARS, la CPAM et les partenaires financiers.

Organiser la gestion quotidienne

La création administrative n’est qu’une étape. La MSP doit ensuite fonctionner au quotidien. Cela suppose une comptabilité claire, un suivi de trésorerie, une gestion des factures communes, une répartition transparente des charges et un pilotage régulier.

Un accompagnement comptable spécialisé permet d’éviter les erreurs dès le démarrage et de sécuriser les relations entre associés.

Pourquoi se faire accompagner par un expert-comptable spécialisé santé ?
Sécuriser le business plan et la création juridique

Un expert-comptable spécialisé dans les professions libérales de santé, comme Serelyon, peut accompagner les porteurs de projet dans la construction du prévisionnel, le choix du statut, l’analyse des charges, la recherche de financement et l’organisation comptable. Pour une MSP, cet accompagnement est particulièrement utile, car les enjeux sont collectifs. Il ne s’agit pas seulement d’optimiser la situation d’un praticien, mais de bâtir une structure partagée, durable et équilibrée.

Piloter la MSP après sa création

Une fois la maison de santé créée, l’expert-comptable peut aider à suivre la trésorerie, répartir les charges, produire les états financiers, anticiper les investissements et accompagner les décisions entre associés.

Chez Serelyon, nous accompagnons les professionnels libéraux de santé dans leurs projets d’installation, de structuration et de développement. La création d’une maison de santé pluriprofessionnelle demande une vision globale : médicale, juridique, financière et fiscale. N’hésitez pas à discuter de votre projet avec un de nos experts !

L’Équipe SERELYON

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