Kinésithérapeutes libéraux : une mobilisation croissante pour plus de reconnaissance et de moyens

Depuis plusieurs semaines, les kinésithérapeutes libéraux se font entendre pour dénoncer un décalage grandissant entre les exigences de leur métier et les moyens mis à leur disposition. Leur rôle dans le parcours de soins est reconnu par les patients comme par les médecins, mais sur le terrain, les conditions d’exercice restent difficiles.

Face à cette situation, des actions syndicales et des rencontres avec les pouvoirs publics ont été engagées. Objectif : obtenir des avancées concrètes pour une profession au cœur du soin et de la rééducation.

Des professionnels en première ligne, mais sous-évalués

Les kinésithérapeutes interviennent à toutes les étapes du parcours de santé : rééducation post-opératoire, prise en charge des troubles musculo-squelettiques, accompagnement des patients chroniques, prévention des chutes chez les personnes âgées, suivi post-Covid, et plus encore.

Pourtant, leurs actes sont toujours rémunérés à des tarifs inchangés depuis plusieurs années, malgré l’évolution des pratiques, la complexité croissante des pathologies traitées et une inflation qui pèse sur les charges de leurs cabinets.

 “On nous demande de faire plus, d’accueillir plus de patients, de participer à la coordination des soins… mais sans moyens supplémentaires ni allègement de la charge administrative,” confie un kinésithérapeute lyonnais.

Les principales revendications de la profession

Les kinés libéraux ne demandent pas seulement une revalorisation tarifaire : ils souhaitent une refonte de leur cadre d’exercice, plus adapté à la réalité du terrain.

Parmi leurs demandes :

🔸 Revalorisation des actes remboursés par l’Assurance Maladie, afin de garantir la viabilité économique des cabinets
🔸 Reconnaissance pleine du bilan diagnostic kiné, outil essentiel mais encore trop peu valorisé
🔸 Allègement des démarches administratives, notamment dans la gestion des prescriptions, des renouvellements et des facturations
🔸 Un rôle élargi dans les parcours de soins coordonnés, notamment dans les maisons de santé et CPTS
🔸 Accès facilité à la prescription de certains actes ou matériels, dans un cadre sécurisé

Un dialogue entamé, mais encore incertain

Face à la pression croissante de la profession, l’Assurance Maladie a accepté d’ouvrir une nouvelle phase de négociations conventionnelles. Un calendrier de discussions a été proposé, mais les syndicats restent prudents.

Par ailleurs, plusieurs organisations appellent à une mobilisation nationale dans les prochaines semaines si aucun engagement concret n’est pris d’ici là.

👉 Dans un contexte de tension sur l’accès aux soins, notamment en zones rurales ou dans certains quartiers urbains, les kinés alertent sur un risque : la démotivation, voire le désengagement, d’une partie des professionnels libéraux, avec des conséquences directes pour les patients.

Un moment charnière pour la profession

Le printemps 2025 pourrait marquer un tournant pour les kinés libéraux. Si les revendications sont entendues, c’est tout le modèle d’exercice qui pourrait évoluer vers plus de reconnaissance, d’autonomie et d’intégration dans le système de soins.

Mais si les discussions restent sans suite, la colère pourrait monter d’un cran. La profession, unie et déterminée, semble bien décidée à faire entendre sa voix.

L’Équipe SERELYON

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