Face à une demande de soins psychiques en constante augmentation, les psychologues libéraux sont de plus en plus sollicités. Pourtant, leur statut reste encore flou dans l’organisation des soins en France. De nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une reconnaissance accrue, à la hauteur de leur rôle dans l’accompagnement de la santé mentale des Français.
Une profession en tension, au cœur des enjeux de santé mentale
Depuis la pandémie de Covid-19, les besoins en accompagnement psychologique se sont nettement intensifiés. Dépression, anxiété, burn-out, troubles du comportement : les demandes de prise en charge ont explosé, aussi bien chez les adultes que chez les enfants et adolescents. Les psychologues libéraux se trouvent donc en première ligne pour répondre à ces attentes, souvent dans l’urgence.
Cependant, les professionnels dénoncent un manque de reconnaissance institutionnelle, des rémunérations peu attractives, notamment dans le cadre du dispositif MonPsy, et une confusion des rôles entre les différents acteurs de la santé mentale.
MonPsy : un dispositif à revoir ?
Lancé en 2022, le dispositif MonPsy permet aux patients d’accéder à huit séances remboursées par l’Assurance Maladie, après orientation par un médecin. Si l’initiative allait dans le bon sens, elle a rapidement été critiquée par la profession :
🔸 Tarif unique de 30 € par séance, bien en deçà des tarifs habituels (souvent entre 50 et 70 €)
🔸 Temps administratif non rémunéré
🔸 Restriction d’accès aux psychologues inscrits sur une liste agréée, excluant de nombreux praticiens expérimentés
🔸 Obligation de passer par un médecin pour bénéficier du remboursement, ce qui freine l’accès direct
Les psychologues appellent donc à une refonte du dispositif, plus en phase avec la réalité de l’exercice libéral et les besoins des patients.
Vers une meilleure intégration dans le parcours de soins ?
Le ministère de la Santé a récemment engagé des échanges avec les représentants de la profession pour faire évoluer le cadre actuel. Plusieurs pistes sont sur la table :
✔️ Simplification de l’accès aux soins : permettre aux patients de consulter directement un psychologue sans prescription préalable
✔️ Revalorisation des tarifs MonPsy, afin de garantir une rémunération plus juste
✔️ Reconnaissance de la profession dans les dispositifs de soins coordonnés, aux côtés des médecins, infirmiers, psychiatres et assistants sociaux
✔️ Définition de critères nationaux de formation et de pratique, pour garantir une qualité homogène de l’accompagnement
Ces mesures visent à mieux intégrer les psychologues libéraux dans le maillage territorial et à faciliter leur coopération avec les autres professionnels de santé.
Une attente forte des professionnels… et des patients
Les psychologues libéraux espèrent que ces évolutions permettront de mieux valoriser leur expertise, tout en simplifiant les parcours de soins pour les patients. Car aujourd’hui, le manque de reconnaissance freine parfois l’installation de jeunes professionnels ou conduit certains à abandonner l’exercice libéral.
Dans un contexte de crise de la santé mentale et de saturation du système hospitalier, renforcer la place des psychologues libéraux est devenu un enjeu de santé publique majeur.
L’Équipe SERELYON

