Les médecins exerçant en cumul emploi-retraite doivent se préparer à une nouvelle donne : l’exonération des cotisations retraite dont ils bénéficiaient jusqu’à présent va être supprimée. Cette mesure, qui risque d’avoir un impact significatif sur les praticiens concernés, s’inscrit dans un contexte de réformes visant à rééquilibrer le système de retraite.
Une réforme qui marque un tournant
Jusqu’à présent, les médecins retraités qui poursuivaient une activité libérale pouvaient exercer sans avoir à cotiser à nouveau pour leur retraite, ce qui constituait un avantage financier important. Or, cette exonération va être supprimée, entraînant une augmentation des charges pour ces praticiens.
Cette décision s’explique par la volonté des pouvoirs publics d’aligner le régime des médecins en cumul emploi-retraite sur celui des autres professions libérales et salariés. L’objectif affiché est de garantir un système de retraite plus équitable et de mieux répartir les contributions.
Quelles conséquences pour les médecins concernés ?
🔹 Hausse des charges sociales : Les médecins en cumul emploi-retraite devront désormais cotiser à la caisse de retraite sans pour autant générer de nouveaux droits à pension.
🔹 Impact financier : Cette réforme pourrait amener certains praticiens à réduire leur activité, voire à cesser leur exercice en raison de la rentabilité moindre.
🔹 Risque sur l’offre de soins : Dans un contexte de tension sur l’accès aux soins, la suppression de cette exonération pourrait dissuader de nombreux médecins retraités de poursuivre leur activité, accentuant ainsi le problème des déserts médicaux.
Quelle réaction de la profession ?
Même une fois la loi promulguée, plusieurs dispositions nécessiteront des textes d’application pour entrer en vigueur. Par exemple, la liste des médicaments et dispositifs médicaux que les infirmiers seront autorisés à prescrire devra être définie par arrêté ministériel après consultation de la Haute Autorité de Santé. Or, l’adoption de ces décrets peut être longue.
Un exemple frappant de cette lenteur administrative est celui de la prise en charge des pansements de plaies sans prescription médicale, une mesure prévue par la loi Rist votée en mai 2023 mais qui, près de deux ans plus tard, n’a toujours pas été mise en œuvre. Les infirmiers devront donc encore patienter avant de voir ces évolutions devenir une réalité concrète.
Une avancée, mais une vigilance nécessaire
De nombreuses organisations médicales ont exprimé leur inquiétude face à cette mesure, soulignant qu’elle pourrait avoir des effets négatifs sur l’offre de soins, notamment dans les zones déjà en difficulté. Certains syndicats demandent un aménagement du dispositif ou une compensation pour éviter une baisse brutale du nombre de médecins en activité.
L’Équipe SERELYON

